Connais-toi toi-même !/Quoi évaluer ?

Quoi évaluer ?

Dans l’évaluation d’un métier, l’usage veut que l’on distingue trois catégories de données ou de faits observables :

Le système : structures, équipements, compétences, organisations …

On appelle le système tout ce qui est déjà mis en œuvre en l’absence du moindre client. Pour un médecin libéral, il s’agit donc du local professionnel et des équipements, du tensiomètre à l’automobile en passant par l’informatique et les compresses ; le système comporte également les compétences disponibles, celles des praticiens qui exercent sur place mais aussi celles des collaborateurs tels que la secrétaire ou le remplaçant ; et il faut ajouter à tout ça l’organisation mise en place, avec ses méthodes et procédures, par exemple pour l’accueil des patients, la gestion des appels téléphoniques et de la permanence des soins, le rangement des matériels et des documents etc. L’évaluation est utile si l’on veut optimiser tout cet ensemble de moyens préalables (qu’on appelle les inputs).

Le processus : méthodes, techniques, procédures…

On appelle processus tout ce qui est mis en œuvre pour répondre à la demande d’un client. En médecine, il y a des processus non cliniques, par exemple de type administratif ou social, et des processus cliniques. Il s’agit alors de résoudre un problème de santé, depuis la première consultation jusqu’au résultat final qui peut être la guérison, la consolidation, ou l’échec. Un tel processus clinique requiert de mettre en œuvre tout un tas de méthodes, techniques et procédures adaptées à la situation, qui constituent ce que l’on appelle une pratique clinique.
Pour rapprocher cela d’un concept qui nous est familier, nous pourrions l’assimiler au parcours de soins interne à la structure (établissement ou cabinet)

Le résultat : intermédiaire (marqueurs) ou final (morbidité, mortalité, satisfaction, coûts, efficience)

L’évaluation des résultats n’est utile qu’à l’échelle statistique, pour évaluer l’intérêt d’une façon de faire, pour savoir si une pratique est recommandable ou non. Dans ce cas on distingue les résultats intermédiaires (ou outputs) tels que, par exemple, le taux d’hémoglobine glyquée des patients diabétiques, et les résultats finaux (ou outcomes) tels que, par exemple, le nombre d’amputations qu’ils ont subies.
Il est essentiel de retenir qu’en médecine ambulatoire, évaluer la pratique, c’est bien différent de mesurer les résultats obtenus. Les résultats sont trop aléatoires pour servir de guide à l’amélioration d’un exercice individuel. On ne peut évidemment pas se contenter d’une pratique douteuse sous prétexte qu’elle a toujours satisfait les patients, ni abandonner une pratique recommandée sous prétexte qu’on a observé un cas défavorable. D’où l’importance de se référer à l’expérience collective et aux positions validées de manière consensuelle, qu’on appelle « référentiel de bonne pratique ».