Connais-toi toi-même !/Évaluer une pratique ce n’est…
Évaluer une pratique ce n’est…
Ni évaluer des savoirs acquis de formation,
Il faut tordre le cou à certaines idées reçues, car la notion d’évaluation s’applique évidemment à d’innombrables domaines, qui sont fort différents du domaine de l’EPP.
Ainsi, évaluer une pratique ce n’est pas évaluer des savoirs : posséder des acquis de formation, c’est bien, mais ça ne garantit pas que ces savoirs seront mis en œuvre dans la pratique de tous les jours ; évaluer des savoirs sert à vérifier la qualité d’un enseignement, mais ce n’est pas du tout de l’EPP.
Ni évaluer des compétences hors exercice réel
Évaluer une pratique, ce n’est pas non plus évaluer des compétences ; les compétences sont des capacités potentielles garanties par une formation professionnelle et par des acquis de l’expérience ; elles méritent d’être évaluées par des bilans périodiques, en dehors des conditions de l’exercice réel, pour contrôler la bonne allocation des postes et des responsabilités au sein d’une organisation ; ce n’est pas de l’EPP.
Ni évaluer des résultats
Évaluer une pratique, répétons-le, ce n’est pas non plus évaluer des résultats ; à l’échelle individuelle, on sait bien que des résultats décevants peuvent malheureusement survenir malgré des pratiques irréprochables, et qu’à l’inverse des résultats satisfaisants résultent heureusement souvent de pratiques approximatives. En outre, le médecin n’est tenu par la loi qu’à une obligation de moyens. Il n’est pas question de remettre en cause ce principe et de le tenir pour responsable des issues défavorables quand il a mis en œuvre les moyens qui sont communément admis comme majorant l’espérance des résultats souhaités.
Ni évaluer des médecins
Enfin, il ne s’agit pas non plus d’évaluer les médecins. Certes, le médecin qui s’évalue continuellement pour chercher à s’améliorer est forcément un meilleur professionnel que celui qui ne se remet pas en question et qui ne cherche pas à dépister ses erreurs. Néanmoins, tout professionnel a forcément des pratiques améliorables, chacun dans un domaine plutôt qu’un autre, et ça ne permet aucunement de juger sa valeur intrinsèque. C’est pourquoi les constats nominatifs de l’évaluation sont à strict usage personnel et ne sont destinés ni au public, ni aux tutelles.

